« Sous le ciel bleu de Byzance, l’hippodrome et le cirque avec, au premier plan, assis dans la loge d’honneur, l’empereur et l’impératrice entourés de leur suite ; derrière les barrières, les auriges attendent le moment de lancer dans l’arène leurs chevaux impatients, dressés sur les pattes de derrière ; des cavaliers au visage dur, armés de lances et entourés d’une horde de chiens, poursuivent les fauves ; des histrions et des acteurs déploient leur adresse dans le théâtre en plein air ; un acrobate, leste comme un singe, grimpe à une longue perche tenue par un athlète musclé ; un gladiateur, armé d’une hache, se rue sur un dompteur affublé d’une tête d’ours.
Le livre de Constantin Porphyrogénète, qui retrace les cérémonies à la cour de Byzance, nous livre, dans un chapitre intitulé : «Jeux gothiques», le sens de cette dernière scène : «Les divertissements nommés "Ludus Gothicus" ont lieu, selon le désir de Sa Majesté l’Empereur, huit jours après la fête de la Nativité et à cette occasion les invités de l’Empereur se déguisent en Goths, portant des masques représentant des têtes de bêtes sauvages.» »
Danilo Kis, « Les Lions mécaniques », Un tombeau pour Boris Davidovitch
samedi 17 novembre 2007
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